pesticides

  • IMPACT DES POLLUANTS ET DU CHANGEMENT CLIMATIQUE SUR LES CAPACITÉS DE REPRODUCTION ET LE DÉVELOPPEMENT EMBRYO LARVAIRE DE L’HUÎTRE CREUSE CRASSOSTREA GIGAS DANS LE BASSIN D’ARCACHON

    L'huître creuse du Pacifique constitue une part importante de la production aquacole mondiale, avec 555 913 tonnes produites en 2013. La France est le quatrième producteur mondial d'huîtres et Crassostrea gigas est la principale espèce cultivée dans le bassin d'Arcachon. Cependant, ces dernières années, des problèmes de recrutement et de captage des naissains de certaines cohortes d’huîtres sont survenus. L'augmentation de la fréquence de ces événements peut être révélatrice de changements dans la qualité du milieu. Dans ce contexte de crise, ces travaux se sont intéressés à l’impact de deux polluants, le cuivre et le S-métolachlore, majoritairement retrouvés dans les eaux du Bassin d’Arcachon sur le développement embryo-larvaire des larves D de l’huître creuse (24h post -fécondation). Dans un contexte de changement climatique, une approche multifactorielle a été adoptée afin d’étudier les effets combinés des polluants et de l’accroissement des températures ou des changements de salinité susceptibles d’altérer le développement et la survie des embryons et des larves en période estivale. Dans un premier temps, les effets embryo-toxiques d’une pollution par le cuivre ou le S-métolachlore couplés ou non à la salinité ou à différentes températures ont été étudiés sur des huîtres en provenance d’une écloserie. Pour cela le test embryo-larvaire a été utilisé, et ses limites d’application précisées. Dans un deuxième temps, les effets des polluants couplés ou non à des
    températures et salinités environnementales ont été analysés sur les embryons provenant d’huîtres sauvages ou cultivées prélevées directement dans le milieu en différents sites du Bassin d’Arcachon.
    Le pourcentage de malformations ainsi que l’expression différentielle de gènes cibles ont été déterminés chez les larves tandis que la bioaccumulation du cuivre et du S-métolachlore et le
    pourcentage d’occupation gonadique ont été analysés chez les géniteurs. Ces résultats ont ensuite été comparés afin de déterminer la capacité des huîtres d’écloserie à représenter un modèle alternatif aux huîtres autochtones. Dans l’objectif d’étudier les impacts liés au changement climatique, des conditions un peu plus extrêmes ont été testées, à savoir des températures supérieures de 26 °C, des salinités inférieures de 24 u.s.i et des concentrations en polluants supérieures aux conditions actuelles du bassin. La mise au point d’un logiciel d’analyse du comportement natatoire des larves D a également été réalisée. Nos résultats indiquent une bioaccumulation plus grande du Cu et S-métolachlore dans les huîtres cultivées par rapport aux huîtres sauvages. Par ailleurs cette étude indique clairement que les larves issues des huîtres autochtones (sauvages et cultivées) sont sensibles à des concentrations environnementales en cuivre et en S-métolachlore. Cependant, il a été montré que les gènes impliqués dans divers mécanismes de défense sont surexprimés, avec une plus grande capacité de défense des
    larves issues des huîtres sous l’influence des tributaires mais également des huîtres sauvages par rapport aux cultivées. En présence de concentrations environnementales de Cu comme de Smétolachlore, une augmentation des trajectoires erratiques circulaires a été constatée. De plus, les larves, bien que capables de se développer normalement dans une gamme de températures allant de 22 °C à 26 °C, sont sensibles à l’action combinées des hautes/basses températures et des polluants. De la même manière, elles sont sensibles aux effets combinés de la dessalure et de l’exposition aux polluants. Les huîtres d’écloserie se sont révélées être une bonne alternative à l’utilisation des huîtres autochtones. Finalement, au vu des prédictions concernant l’évolution du climat, nos résultats indiquent qu’il faut s’attendre à un accroissement des malformations larvaires et donc à une diminution du recrutement des naissains dans les années futures dans le Bassin d’Arcachon.

    Perrine GAMAIN, Rapport de Thèse - ÉCOLE DOCTORALE SCIENCES DU VIVANT, GÉOSCIENCES, SCIENCES DE
    L’ENVIRONNEMENT- Université de Bordeaux

    2016
    436
  • Quantification de la présence des pesticides dans les eaux bilan des années 2010 à 2016

    La connaissance des niveaux de pesticides dans le bassin d’Arcachon avant le lancement du Réseau Pesticides du Bassin d’Arcachon (REPAR) était parcellaire.

    Des études spécifiques comme le programme SURGIBA (programme co-financé par l’Europe, le Conseil Régional d’Aquitaine, le Conseil Général de la Gironde et le Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon), le suivi de la contamination du Bassin d’Arcachon par les insecticides et les herbicides et leur impact environnemental de 2005 à
    2006 par l’IFREMER, le programme Ascobar (Apports Scientifiques face à la problématique Conchylicole du Bassin d'Arcachon : Etude intégrée du Bassin d'Arcachon, Projet Région 2008-2010), le programme Osquar (Ostréiculture et qualité du milieu - Approche dynamique du Bassin d'Arcachon Projet Région 2010-2012) ont permis de mettre en évidence la présence d’un certain nombre de molécules phytosanitaires, principalement des herbicides et des molécules «anti-salissures». Ces études, limitées dans le temps, ont montré l’importance d’une fréquence d’échantillonnage élevée afin de documenter l’évolution de la contamination des phytosanitaires dans le temps et la nécessité de réactualiser en permanence la liste des molécules suivies, c’est dans ce contexte qu’est né en 2010 le Réseau Pesticides du Bassin d’Arcachon (REPAR), animé par le SIBA.
    Le Réseau Pesticides du Bassin d’Arcachon (REPAR) articule autour de 5 axes :
    · Quantifier la présence dans les eaux
    · Connaitre les usages sur le territoire et ses bassins versants
    · Comprendre les effets sur les écosystèmes aquatiques
    · Susciter et accompagner les évolutions
    · Partager les informations
    Les résultats présentés dans ce rapport sont les données obtenues depuis la mise en place de REPAR en 2010 jusqu’à la fin de l’année 2016 sur les 4 points de l’intrabassin (Arguin, Grand Banc, Piquey, Compriam et sur les 3 principaux tributaires du Bassin d’Arcachon (la Leyre, le canal des étangs (CDE) et le canal des Landes (CDL)).

    Nathalie Tapie, Hélène Budzinski

    EPOC UMR 5805, LPTC , Université Bordeaux

    Rapport du Réseau Pesticides du Bassin d’Arcachon (REPAR)

    SIBA

    2018
    27