Contribution à l’étude de l’origine de la chlorophylle dans le bassin d’Arcachon

L’objectif de cette étude était de déterminer l’origine des fortes valeurs de chlorophylle observées à basse mer en particulier à la station Comprian.
La plupart des résultats obtenus convergent pour indiquer une origine nettement nanoplanctonique de cette chlorophylle, même si certaines questions restent en suspens concernant la composition de cette fraction de la flore et les moyens de l’observer directement. Ces fortes valeurs de chlorophylle de basse mer s’observent encore plus ou moins régulièrement ces dernières années (cf. figure 1). Les raisons de leur apparition et de leur maintien sur le long terme restent à déterminer.
Cette étude a aussi permis de mieux appréhender les caractéristiques phytoplanctoniques des différentes zones du bassin d’Arcachon. Ainsi les zones internes se différencient particulièrement à basse mer en présentant, à certaines
périodes de l’année (printanière et parfois estivale), une population spécifique à cet état de la marée (nanoplancton abondant, associé à quelques espèces microphytoplanctoniques de grande taille, très riches en chloroplastes), qui influe sur celle de pleine mer. Aux mêmes périodes, elle influe aussi sur la station aval à basse mer.
Les deux stations internes évoluent parallèlement mais avec des caractéristiques de basse mer beaucoup plus marquées à Comprian (chlorophylle et MES plus élevées, population nanoplanctonique plus abondante) qu’à la station Jacquets. Cette dernière présente de plus des spécificités automnales à pleine mer (rapport C/N >10 et
δ13C <-24‰) pouvant traduire une influence continentale, et parfois des valeurs ponctuelles fortes qui tranchent sur celles des autres stations (rapports COP/chlorophylle élevés en mai et septembre 2012, et en février 2013).
Enfin, cette étude confirme que les méthodes utilisées actuellement en routine (prélèvements réalisés exclusivement à pleine mer, observations au seul microscope optique) pour la surveillance du phytoplancton du milieu marin sont insuffisantes pour rendre compte de la composition et la biomasse des populations phytoplanctoniques des baies et lagunes soumises à des marées importantes. En particulier, la Directive Cadre sur l’Eau fait appel à un indicateur de composition qui ne peut pas valablement être calculé à partir des seuls résultats obtenus en microscopie optique et qui
nécessite de faire appel à d’autres méthodes (analyse de pigments, cytométrie en flux). Et la Directive Cadre Stratégie Milieu Marin, qui prône une démarche écosystémique, ne pourra sans doute pas se satisfaire des seules informations fournies par la stratégie actuelle.

Ifremer - Centre de Nantes, Département ODE - Unité littorale, Laboratoire Environnement Ressources d’Arcachon : Danièle Maurer, Florence d’Amico,Claire Méteigner, Myriam Perrière Rumèbe, Loïc Rigouin, Marie Pierre Tournaire, Gilles Trut, Florian Ganthy, Laure Gouriou, Isabelle Auby, Hélène Oger Jeanneret

Université de Bordeaux - EPOC : Nicolas Savoye, Camilla Liénart, Florence Jude, Yolanda del Amo

Université de la Rochelle – LIENSs : Laureen Beaugard

SIBA

2017
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