Eaux pluviales/Eaux usées : même combat

Port de La Teste
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Décembre 2020 et janvier 2021 : une pluviométrie exceptionnelle avec plus de 500 mm de pluies, soit plus de la moitié d’une pluie annuelle moyenne !!

 

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Assainissement des eaux usées et gestion des eaux pluviales sur le Bassin d’Arcachon, même combat !

Le réseau d’assainissement des eaux usées est constitué de plus de 1100 km de réseaux, 414 postes de pompage, plus de 1000 pompes en service, 5 stations d’épuration, 8 bassins de sécurité avec une capacité de stockage de 270 000 m3, 0 déversoir d’orage direct vers le Bassin.

Le système de gestion des eaux pluviales est constitué de 2 300 km de linéaire de fossés, crastes et cours d’eau, 14 km2 de surfaces dites compensatoires (infiltration et stockage), mis en œuvre depuis 1985 sur l’ensemble du territoire, soit environ 30% du total de zones imperméabilisées du territoire, 280 km de canalisation, 350 ouvrages de gestion (vannes, clapets ...), 31 postes de pompage.

Ces 2 systèmes sont distincts dit « séparatifs » : l’un pour les eaux pluviales, l’autre pour les eaux usées.

Les eaux usées collectées sont dirigées vers les stations d’épuration. Le système d’assainissement des eaux usées est ponctué de plus de 70 000 regards d’accès qui ne doivent pas être étanches (nécessité d’une prise d’air).

Mais à phénomène exceptionnel, conséquence exceptionnelle !

En effet, en cas d’inondations importantes dans une zone, les regards d’eaux usées constituent une entrée pour les eaux pluviales.

  1. Conséquence : le trop plein, le cumul finit par ressortir par les regards dans les points les plus bas du réseau.
  2. Conséquence pour les habitants raccordés sur ces points bas : ils ne peuvent plus évacuer leurs eaux usées (même s’il n’y a pas d’inondation à leur niveau)

Ce phénomène est gravement amplifié par de mauvais raccordements d’eaux de pluies des toitures ou autres sur le réseau d’eaux usées. Ce qui est prohibé.

A noter également que 2021 fait suite à une année 2020 particulièrement pluvieuse, avec un record de 1600 mm enregistrés sur 12 mois. De ce fait, le niveau de la nappe phréatique affleure et ruisselle, se cumulant avec les eaux superficielles. Et l’exutoire final de l’ensemble de ces eaux, le Bassin d’Arcachon, oppose à marée haute des contraintes fortes au bon écoulement des eaux.

Ce que l’on peut faire et que l’on fait :

Les actions du SIBA portent sur 2 axes :

- Poursuivre les contrôles de raccordement au réseau d’eaux usées (26 000 contrôles réalisés depuis 2013, soit plus de la moitié des branchements existants)

- Limiter les zones d’inondation en optimisant le fonctionnement du système de gestion des eaux pluviales et en poursuivant la réalisation d’investissements importants

Ce que l’on ne peut pas faire :

Redimensionner la taille des tuyaux des eaux usées. Pourquoi ?

Parce que tout le reste de l’année, un redimensionnement des tuyaux :

  • serait une source de nuisances olfactives très importante. Les temps de séjour de l’eau étant de fait plus longs, des gaz se formeraient. 
  • provoquerait un dysfonctionnement des stations d’épuration. Un bon fonctionnement des stations nécessite un débit d’eaux entrant régulier.
  • accepter les eaux pluviales dans le réseau des eaux usées reviendrait à mettre en place un réseau « unitaire » qui aurait des conséquences lourdes sur le principe de protection du Bassin … sans résoudre pour autant le problème des habitations !

Au regard des cumuls de précipitations subis sur le Bassin et le sud-ouest de la France, c'est une avalanche contre quoi l'homme ne peut rien.

C'est comme en montagne. L'avalanche, c'est trop de neige, trop vite, au même endroit. C'est une exception. C'est plus grand que la norme.

Le réseau d’assainissement eaux usées a été sollicité bien au-delà de sa capacité, les pompes des postes de pompage fonctionnent 24h/24, ainsi que les pompes de secours. La mobilisation des équipes a été maximale afin d’optimiser la marche des ouvrages.

Le SIBA tient à remercier les acteurs, associations et particuliers, qui s’engagent à ses côtés pour maintenir un bon entretien des crastes et fossés à proximité de chez eux. Indispensable au bon fonctionnement des eaux pluviales. Aucune canalisation ne pourra remplacer ce réseau naturel de drainage que constituent les crastes et fossés. Un fossé non entretenu sur une parcelle impacte le réseau d’eaux usées et parfois peut inonder tout un quartier !

Mais jamais le SIBA ne pourra prétendre vaincre les forces herculéennes de la nature !

 

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