PROJET REMPAR 2014-2019 : Les effluents du Pôle de Santé d’Arcachon : profil en médicaments, tensioactifs et biocides – Comparaison avec les effluents urbains

L’étude présentée ici, conduite entre 2014 et 2017, avait pour objectif d’apporter une meilleure connaissance des rejets du Pôle de Santé d’Arcachon (PSA), en termes qualitatifs et quantitatifs, pour 3 catégories de micropolluants : médicaments, tensioactifs et biocides. Deux approches ont été utilisées : une enquête sur les produits de santé et les produits d’entretien et de bio-nettoyage utilisés au PSA d’une part, et des analyses chimiques comparatives entre les eaux usées brutes du PSA et les eaux usées brutes urbaines d’autre part.

Pour les médicaments, environ 500 molécules ont été identifiées et leurs concentrations estimées dans les rejets du PSA ainsi que leurs flux déterminés pour les années 2013, 2016 et 2017. Les résultats de l’enquête indiquent qu’une grande majorité des molécules utilisées au Pôle de Santé le sont également dans les officines de ville et que les effluents du PSA ne présentent pas de grande spécificité par rapport aux effluents urbains. Compte-tenu des faibles volumes d’eau rejetés par le PSA, les flux de médicaments restent mineurs par rapport aux flux urbains. Les résultats des analyses chimiques (42 molécules appartenant à 8 familles différentes) sont cohérents avec les résultats de l’enquête et montrent que, si pour la majorité des molécules analysées, les concentrations sont supérieures dans les eaux brutes du Pôle de Santé, les flux de médicaments rejetés par le PSA sont eux très inférieurs aux flux apportés par les eaux brutes urbaines.

L’analyse des produits biocides utilisés au PSA ne fait pas ressortir de profil caractéristique : les substances identifiées (une vingtaine de substances réparties en 7 familles) n’étant pas spécifiques d’un usage hospitalier mais également largement employées aux niveaux industriel et domestique (alcools, ammoniums quaternaires…). Il n’a pas été réalisé d’analyses dans les effluents pour cette classe de composés mais les flux de biocides apportés par le PSA devraient être négligeables par rapport aux flux urbains, compte-tenu des faibles volumes d’eaux usées rejetés par le PSA.

Enfin, pour les tensioactifs, les résultats de l’enquête indiquent, là encore, que les effluents du PSA ne présentent pas de profil spécifique. Les analyses confirment ces résultats et  montrent que, comme pour les médicaments et les biocides, les flux de tensioactifs apportés par les rejets du PSA sont très inférieurs aux flux apportés par les eaux brutes urbaines.

L’ensemble des résultats montre qu’à l’heure actuelle, il n’est pas nécessaire de traiter de manière spécifique les effluents du PSA, et qu’il vaut mieux vaut concentrer les efforts sur les eaux usées urbaines.

De manière plus générale et concernant la question des micropolluants, les résultats de cette étude et ceux d’autres projets montrent qu’il n’est pas nécessaire de traiter de manière séparée les effluents hospitaliers. La question d’un éventuel traitement devrait, au cas par cas, tenir compte de l’ensemble des activités de l’hôpital et de ses rejets potentiels, de sa taille relativement à celle de l’agglomération, et du type de réseau (séparatif ou unitaire) auquel il est raccordé.

Jean-Philippe BESSE, Sabine JEANDENAND (SIBA), Laura MOURET, Nathalie TAPIE, Thomas CORRALES, Karyn LE MENACH, Patrick PARDON, Hélène BUDZINSKI (UMR 5805 EPOC-LPTC)

Agence de l’eau Adour Garonne, Agence française pour la biodiversité (AFB/OFB), Ministère de la transition écologique et solidaire

2019
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