Préserver l'environnement
Les premières études sur l’assainissement du Bassin ont été entreprises dès 1939, avec la création du groupement d’urbanisme du Bassin d’Arcachon. Ces études ont débouché sur un avant-projet en 1951, qui prévoyait la constitution de quatre groupements intercommunaux, rattachés chacun à une station d’épuration :
- Arcachon - La Teste de Buch
- Biganos - Gujan Mestras - Le Teich
- Audenge - Lanton (moins Taussat)
- Arès - Andernos les Bains - Lanton (Taussat)
Rien n’était prévu pour la presqu’île du Cap-Ferret, dont le développement ne permettait pas, à l’époque, de présenter une étude valable.
Lorsqu’en 1963, les communes d’Arcachon, La Teste de Buch et Gujan-Mestras voulurent passer à l’exécution de ce projet, elles rencontrèrent l’opposition formelle de la profession ostréicole et de son administration de tutelle à tout rejet dans les eaux du Bassin, même après épuration.
Il s’ensuivit un second projet, plus ambitieux, qui reposait sur le ceinturage complet du Bassin, par la création de deux collecteurs, nord et sud, prolongés par des émissaires en mer.
Le S.I.A.C.R.I.B.A. était créé le 11 décembre 1964. Le 28 mars 1966, le Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France donnait un avis favorable à la réalisation du collecteur sud en priorité, de façon à intercepter les rejets de la papeterie de Facture, dont les eaux industrielles se déversaient au fond du Bassin, via la Leyre, et à les rejeter en mer par l’intermédiaire d’un émissaire dont la longueur, qui ne serait, semble-t-il, par inférieure à 4 km, serait fixée après étude préalable des courants marins.
Le Syndicat, ayant accepté de cautionner cette solution en janvier 1967, fit démarrer en novembre 1967 l’exécution des travaux, confiés au Service des Ponts et Chaussées, comportant trois stations de refoulement liées à un collecteur de 36,5 km reliant l’usine de Facture à la plage de La Salie et desservant une population théorique de 200 000 habitants, évaluée sur les communes du Teich, Gujan-Mestras, La Teste de Buch et Arcachon.
Les premiers travaux furent menés rapidement, sans ennuis techniques majeurs apparents. Cependant, la réalisation mise en œuvre s’écartait sensiblement du projet initial par le diamètre de la conduite et par le débit des stations de pompage qui permettaient l’évacuation des eaux usées de l’ensemble des communes du Syndicat et de l’usine, et non plus des quatre collectivités initialement rattachées à la branche sud.
Le collecteur sud était fonctionnel en décembre 1970. Les rejets d’effluents de la papeterie dans le Bassin d’Arcachon, via la Leyre, cessaient le 4 janvier 1971. Les caractéristiques nouvelles données par le maître d’oeuvre furent adoptées par le Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France, le 29 novembre 1971. Elles consistaient en la création d’un seul ouvrage de ceinture reliant le Cap-Ferret à la maison forestière de La Salie et au rejet à 4 500 m au large des effluents non traités, par un émissaire constitué d’une canalisation ensouillée.
En fait, la difficulté principale rencontrée dans l’assainissement du Bassin d’Arcachon a résidé dans la construction de la canalisation de rejet en mer, qui devait être réalisée parallèlement à la mise en place du collecteur sud. En dépit des sérieuses garanties prises, il s’avéra très vite que l’entreprise étrangère choisie pour enfouir la canalisation de diffusion des effluents en mer avait mal apprécié l’incidence hostile du milieu marin local sur ses conditions de travail.
Ce projet fut abandonné, le diffuseur et 1,5 km de canalisation enfouis au large n’ayant pu être raccordés à la terre. Un émissaire provisoire de 400 m, reportant au-delà de la zone de déferlement les eaux industrielles amenées par le collecteur sud, était mis en service en juin 1971.
Devant les difficultés d’exécution de l’émissaire en mer, les effluents étant temporairement déversés à la côte, le Comité Interministériel d’Action pour la Nature et l’Environnement imposait, le 6 décembre 1972, la construction de stations d’épuration, les effluents urbains et industriels devant subir un traitement primaire avant d’être rejetés en mer.
La solution de l’émissaire court sur pilotis était adoptée lors de la réunion interministérielle tenue le 16 janvier 1973, le traitement primaire des effluents confirmé, dès lors que le rejet à 800 m en mer ne garantissait pas une dilution et un assainissement suffisants par le milieu marin. Le wharf de La Salie était réceptionné au printemps 1974.




